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Dieu a sujet de s’affliger, car un des mondes qu’il a créés s’est détourné de Lui, comme un enfant prodigue. Ne l’avouons qu’à voix basse: ce monde prodigue, c’est le nôtre. Plus bas encore, confessons que nous avons nous-mêmes consenti à cette trahison. ma Mais, de Sa voix la plus douce, par Son amour tendre et fort, Dieu a reconquis quelques-uns d’entre nous et désormais—que nos voix éclatent d’allégresse!—nous, les rachetés, nous pouvons être pour d’autres le chemin qui mène à Dieu. Tel est Son plus grand désir, et telle devrait être aussi notre unique ambition. Pour nous aider à atteindre ce but, Il nous a doués d’une force particulière.

Il n’y a dans la vie humaine qu’une seule source de pouvoir, une seule, dis-je: le Saint-Esprit. Le Saint-Esprit est Puissance; il habite le coeur de toute créature qui se confie en Dieu; il franchit avec bonheur toute porte ouverte; il pénètre en nous dès que nous y consentons, et sa présence est chose vitale.
Toutefois, chez beaucoup d’entre nous, le Saint-Esprit n’habite pas en maître; il est un invité et non pas le maître de la maison; c’est-à-dire qu’il est entravé dans son action naturelle, enchaîné, au point qu’il ne peut faire ce qu’il veut. Nous ne sommes pas conscients de sa présence; si nous le sommes ce n’est que partiellement.
Reconnaître sa maîtrise, cultiver son amitié et lui donner toute liberté, voilà ce qui nous permettra d’acquérir de la puissance. Il n’y a donc qu’une seule source de pouvoir: le Saint-Esprit, habitant en nous et y dominant.
La puissance divine se manifeste de cinq manières différentes; il y a cinq voies par lesquelles cet Esprit nous arrive et nous révèle son pouvoir.
Tout d’abord, par notre vie, par ce que nous sommes. Oui, simplement, par ce que nous sommes. Si nous agissons droitement, le pouvoir de Dieu, sans que nous en soyons, conscients, débordera de tout notre être. Une vie droite jette un éclat tout particulier sur l’homme qui la vit. Il existe évidemment, dans le coeur de tout chrétien, un désir ardent de servir Dieu; soyons néanmoins certains que nous pouvons plus par ce que nous sommes que par ce que nous faisons. Nous servons Dieu bien mieux par notre vie de tous les jours que nous ne le ferions par telle ou telle grande action. Et ce simple fait, si nous ne l’oublions pas, devrait rendre la paix à nos âmes, à l’heure de la fatigue et du découragement qui l’accompagne.
Deuxièmement, pas nos lèvres, par ce que nous disons. Nous pouvons bégayer, nous pouvons hésiter, mais si nous parlons de notre mieux, avec le désir de plaire au Maître, notre effort sera béni d’En-Haut.
Il m’est arrivé d’entendre parler un homme qui hésitait, rougissait, et faisait fi des règles de grammaire, mais en l’écoutant mon coeur brûlait. J’en ai entendu un autre prononcer un discours admirablement ordonné, mais ses paroles se sont effacées de mon esprit aussi vite et aussi facilement qu’elles étaient sorties de sa bouche. Faisons notre possible et soyons sans souci pour le reste, car si nous vivons avec Dieu, Son feu brûlera, oui, il brûlera, que notre langue soit hésitante ou qu’elle soit sûre d’elle-même.
L’Esprit se révèle d’une troisième manière: par notre service, par ce que nous faisons. Nous pouvons agir maladroitement et gauchement; notre mieux peut ne pas être le mieux, mais si nous avons fait tout notre possible, notre effort portera des fruits.
Une quatrième manière, c’est par notre argent, par ce que nous ne gardons pas mais donnons pour Dieu. De tout ce que nous possédons, c’est l’argent qui a le pouvoir le plus absolu.
L’Esprit, enfin, se révèle par notre prière, par ce que nous demandons au nom de Jésus. Et, chose étrange, la plus grande force est celle qui résulte de la prière.
La vie d’un homme a une influence considérable. Mais quels que soient sa force, sa douceur, sa pureté, son désintéressement, son action est limitée aux endroits où se passe sa vie.

La puissance de la parole dépend entièrement de la vie de celui qui parle. Tel discours embarrassé n’en est pas moins éloquent et émouvant s’il est appuyé par une vie chrétienne, tandis que tel autre, aux périodes aisées et polies, reste sans effet parce que l’appui de cette vie lui fait défaut.
L’influence que nous exerçons par nos actes peut, elle aussi, être grande et se répartir en divers lieux; toutefois, elle sera toujours inférieure à celle qui découle d’une vraie vie chrétienne.
La puissance de l’argent dépend entièrement de l’intention. L’argent que le donateur regrette, l’argent qu’il a mal acquis, est un trésor sans valeur. Ce qui pouvait être tout-puissant est frappé d’impuissance.
Mais le pouvoir qui se dégage de la prière est au moins aussi extraordinaire—pour ne pas dire davantage maintenant—que celui qui résulte d’une vie pure et véridique; et, sachez-le bien, ce pouvoir peut atteindre, non plus un seul endroit, mais un point quelconque de l’univers, à votre choix.

La plus grande chose que l’on puisse faire pour Dieu et pour les hommes, c’est de prier;
ce n’est pas la seule, mais c’est la principale.

La comparaison des différents moyens d’action dont nous disposons nous amène à donner à la prière la première place, car pour qu’un homme puisse prier vraiment, il faut tout d’abord que ses intentions et sa vie tout entière soient droites. Un homme intègre qui donne à la prière la place qu’elle doit avoir dans toute existence, verra ses actes, ses dons, ses paroles embellis et comme parfumés par la présence de Dieu.
Les grands hommes dans le monde d’aujourd’hui sont ceux qui prient. Je ne veux pas dire ceux qui parlent de la prière; ni ceux qui font profession de croire à son efficacité; ni même ceux qui expliquent ce qu’est la prière; non, j’entends ceux qui prennent le temps de prier. Le temps leur manque, peut être. N’importe, ils le prennent à quelque antre occupation: importante, très importante, urgente même, elle est cependant moins importante, moins urgente que la prière. Il y a de nos jours de ces hommes qui savent faire passer la prière d’abord, et qui, dans le plan de leur existence, groupent toutes leurs autres préoccupations autour de la prière et après elle.
Bien des gens font ainsi leur maximum pour Dieu; ils le font en gagnant des âmes à l’Evangile; en résolvant des problèmes; en réveillant les fidèles d’une Eglise endormie; en fournissant hommes et argent à des stations missionnaires; en maintenant jeunes et fortes des vies de sacrifice vécues bien loin, en terre étrangère, là où la mêlée est la plus forte; en conservant enfin à notre vieille terre quelques jours de paix de plus.
C’est un service qu’ils rendent en secret; à part quelques conjectures, nous ne savons qui ils sont.
Qui sait, c’est peut-être cette femme à l’aspect simple qui se glisse hors de l’église; sa robe a été retournée deux ou trois fois; son chapeau remanié plusieurs fois aussi; ses mains n’ont pas dû connaître beaucoup la douceur des gants; et c’est à peine si nous lui accordons une pensée furtive.
Nous ne savons pas, nous ne devinons pas que peut-être c’est elle qui fait pour son Eglise, pour le monde et pour Dieu, bien plus qu’une centaine de fidèles qui attirent davantage notre attention. Elle obtient ces beaux résultats parce qu’elle prie, parce qu’elle prie vraiment selon que l’Esprit de Dieu l’inspire et la guide.

J’ajouterai encore ceci: en exauçant la prière de la plus humble de ses créatures, Dieu fera ce qu’autrement Il ne ferait pas.

Oui, et j’irai même plus loin, je sens que je le dois, car la Bible elle-même va plus loin: Dieu, en réponse à la prière du plus humble de ses fidèles, fera ce qu’autrement Il ne pourrait faire.
On me dira: décidément, ici, vous allez trop loin.
Ecoutez alors les paroles que Jésus prononça dans le long et suprême entretien qu’il eut avec les onze disciples. C’était dans la chambre haute, avant qu’ils se rendissent à la montagne des Oliviers.
Jean nous a conservé une grande partie de cette conversation: «Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais moi, je vous ai choisis, et je vous ai établis, afin que vous alliez, et que vous portiez du fruit et que votre fruit demeure; afin que»—et voici justement un des motifs pour lesquels nous avons été choisis—« afin que ce que vous demanderez à mon Père en mon nom, Il vous le donne ». {#Jn 15:16}

Dieu n’agit donc pas seul, Il fait appel à notre collaboration. Notre prière Lui rend possible ce qu’il ne pourrait faire sans notre concours.

Du reste, si vous y réfléchissez quelque peu, vous verrez que cette idée s’adapte à la vraie conception de la prière. Toute prière a et doit avoir deux facteurs: tout d’abord, un Dieu pour donner.
Vous m’accordez ce point. Mais un second facteur est aussi indispensable: un homme pour recevoir.
Le consentement des hommes est le canal par lequel Dieu parvient à la terre: jamais Il ne presse jamais il ne force; tout ce qu’il fait est pour et par l’homme; Il le fait toujours moyennant son consentement.
Respectueusement, mais nettement, je dirai même que Dieu ne peut rien faire pour un homme qui ferme sa main et son coeur. La main, le coeur et la vie doivent être ouverts pour que Dieu puisse donner. Une vie ouverte, une main ouverte et tendue vers le ciel, voilà ce qui unit le coeur de Dieu à notre pauvre vieux monde égaré. Notre prière, c’est l’occasion que nous donnons au Créateur de pénétrer dans ce monde qui voudrait l’en exclure.

A.J. Gordon

A.J. Gordon

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