Il est bon de se souvenir que la prière est un service, le plus grand service qu’un homme puisse rendre au plan de Dieu. Il est différent de tous les autres, mais il leur est supérieur, car il est moins limité. Partout ailleurs, nous trouvons de nombreux obstacles: l’espace, la force corporelle, des entraves matérielles, des difficultés provenant des différences entre les individus, etc. La prière ne connaît pas de telles limites; elle ignore l’espace; elle peut être indépendante de toute diminution de force corporelle. Vraie télégraphie de l’esprit, elle pénètre directement le coeur des hommes, traverse sans bruit les murs, force sans peine les serrures et arrive en contact direct avec le plus profond de l’âme, avec le centre de la volonté qu’elle veut transformer.

Toute action, au sens où l’on prend ce mot d’ordinaire, est limitée à l’endroit où se trouve la personne qui l’accomplit, à la distance que sa voix peut atteindre, au temps dont elle dispose avant de devoir quitter sa tâche pour manger, se reposer ou dormir. Cette personne est limitée par des murs, des serrures, des préjugés, et par ces petites différences de caractère qu’il faut avoir étudiées avant de mettre le siège devant un coeur humain.

Que d’efforts et quelle variété d’efforts sont nécessaires pour gagner des âmes à Dieu: exposer la vérité à un groupe de personnes; l’exposer à une seule à la fois; pratiquer les actes généreux de la solidarité dans leur infinie variété; enseigner; ajoutons aussi le tout-puissant ministère de l’argent, l’exemple constant d’une vie pure et désintéressée, la correspondance, les livres et les traités. Tous ces efforts rentrent dans le plan de Dieu, pour racheter les âmes; mais le fait extraordinaire à remarquer est celui-ci: la victoire, dans chacun de ces cas, est remportée d’avance et dans le secret par la prière.

Pénétrer dans le camp ennemi et proclamer la victoire déjà remportée, voilà le but et l’utilité incontestables de tous les autres efforts. Le jour où chaque chose recevra sa vraie place, où la prière viendra d’abord, les autres formes de notre activité ensuite—je dis ensuite, car pour rien au monde il ne faudrait les omettre; bien au contraire, chaque service doit être accompli avec tout le sérieux, toute la réflexion, toute la force et tout l’amour possibles; mais il ne doit l’être que lorsque la victoire a été remportée dans le secret, contre le véritable ennemi; il ne doit l’être qu’en s’appuyant sur la certitude de cette victoire—ce jour-là, dis-je, notre activité extérieure obtiendra de bien plus grands résultats dans le monde visible.

Le fait extraordinaire à remarquer est celui-ci: la victoire, dans chacun de ces cas, est remportée d’avance et dans le secret par la prière.

Armés de la prière, nous marcherons de l’avant, pleins de cette confiance qui, dès le début de l’engagement, balaie le champ de bataille; et, fermement, nous nous attaquerons aux points de résistance, jusqu’à ce que l’ennemi s’enfuie honteusement. La prière portera un coup fatal à l’ennemi qui se dissimule, et nos efforts, dans la suite, se borneront à tirer parti de ce coup mortel parmi les hommes que nous voyons et touchons. Une grande patience, beaucoup de tact, beaucoup d’opiniâtreté sont exigés dans ce service actif, car notre effort porte sur des volontés très différentes les unes des autres. Un chef avisé, qui veut vaincre, débutera donc par le combat ardent et acharné de la prière.

A.J. Gordon

A.J. Gordon

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