L’apôtre Paul est l’apôtre de la liberté. Il dit : « C’est pour la liberté que vous avez été libéré » (Gal 5.1), et dans 1 Cor 6.12 il dit : « Tout m’est permis », et il signe et persiste en 1 Cor 10.23 : « Tout m’est permis ».

A premier abord, cela donnerait l’impression que depuis que nous sommes nés de nouveau, nous serions dotés d’une licence pour tout faire. Le monde le pense pour soi : « Chacun fait ce qu’il lui plaît » dit la chanson. Or, il ne faut pas longtemps – il suffit de continuer chacune de ces trois phrases pour voir que Paul pose directement des limites à cette apparente liberté. Dans la première référence il continue : « Demeurez donc fermes, et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de l’esclavage » ; dans la seconde il poursuit : « mais tout n’est pas utile ; … mais je ne me laisserai pas asservir par quoi que ce soit » et dans la troisième il termine : « mais tout n’édifie pas ».

Notons d’emblée la puissance du premier passage. En parlant de liberté, Paul demande de faire attention : c’est vrai que vous êtes libres, mais si vous tombez à nouveau sous un joug, ce sera cette-fois-ci par votre propre volonté. Dans le second passage il use la même idée, mais cette fois-ci en parlant de lui : « je ne me laisserai pas asservir par quoi que ce soit », en d’autres mots : si je tombe sous un joug étranger ce sera ma faute, et cela je ne peux me le permettre. Et finalement il continue dans le troisième passage : c’est vrai que je pourrais tout faire, mais tout n’édifie pas.

Paul ici pose à notre liberté trois barrières qui, à ses yeux, devraient être infranchissables. Il établit une règle claire quant à notre liberté. Il pose un fondement élémentaire sur les principes qui doivent guider notre liberté et, par la même, notre conscience.

Oui, je peux tout faire. Tout m’est permis. Mais la permission que Dieu me donne n’est pas une licence pour pécher. Ce n’est pas une autorisation à piétiner sur la liberté d’autrui.

Il trace donc trois limites simples, applicables et finalement excellentes :

La première ? Ma propre liberté

Trop de liberté tue la liberté. Faire ce que je veux peut me conduire à nouveau sous un esclavage, le même genre d’esclavage duquel j’avais été libéré. Quelle que soient les libertés que je prends, elles ne doivent me conduire dans un engrenage malsain qui ensuite m’enveloppera comme dans un filet. Pensez donc à cet homme qui se dit : « tout m’est permis, je vais donc jouer aux courses » et très rapidement, il se trouve dans une spirale de laquelle il ne peut pas se libérer : il devient tellement passionné du jeu, qu’il dépense tout son argent, et ne gagne jamais rien… Très vite, il est ruiné à tous les niveaux : financiers, sociaux et relationnels. Tout est permis, mais cette liberté ne doit pas nous glisser sous de nouveaux esclavages.

Deuxièmement ? Son utilité

A quoi sert ce que je voudrais faire ? Est-ce vraiment utile ? Voici une autre barricade que Paul dresse devant notre liberté. Est-ce que ce que je veux faire est utile ? C’est vrai je suis libre, mais suis-je vraiment obligé en raison de cette liberté à faire toutes sortes de choses qui ne sont pas utiles ? Certes l’utilité d’une action est souvent sujette à discussion. Toutefois pour déterminer de son utilité, on peut penser à notre raison d’être. Pourquoi suis-je ici sur terre ? Pour accomplir le plan de Dieu pour ma vie. Pour certains, ce plan consiste à le servir dans un ministère à plein temps ; pour d’autres à le servir en faisant un métier : avocat, banquier, assureur, boulanger, plombier, écrivain, secrétaire, etc… Là où Dieu me place, c’est ma raison d’être.

Or, si dans ma liberté, je fais des choses qui mettraient à risque mon existence, ou des choses qui me distrairaient des plans et des projets que Dieu a pour moi, il est fort possible que j’utilise cette liberté pour faire des choses qui ne sont pas utiles. Un exemple récent. Il y a quelques années, John Kennedy, le fils du défunt président J. F. Kennedy est mort dans un accident d’avion. Depuis tout petit il disait à sa mère qu’il aurait aimé apprendre à voler mais elle lui avait toujours refusé cette faveur. A peine quelques mois après la mort de celle-ci, il décide de suivre des cours d’aviation. C’est son droit. Il était un homme libre. Or, dans son cas, en raison de sa provenance, il aurait dû se poser la question : « est-ce utile ? Quelle est ma raison d’être ?» Voici qu’à la fin de son apprentissage, il obtient sa licence de vol, et au bout de quelques mois, il fait un accident et meurt avec son avion. Certes c’était un homme libre, mais il était aussi une voix pour son pays. Il était présidentiable et certainement, il aurait eu son mot à dire dans l’avenir en ce qui concernait son pays. Or, en mourant, il a enlevé à des millions de gens l’espoir de le voir un jour devenir président de son pays, ou au moins un grand politicien, comme le fut son père. Oui, tout est permis, mais tout n’est pas utile. Je pense à cet avocat qui excellait dans des sports à très haut risque ; est-ce vraiment utile ? Il ne s’agit pas de juger qui que ce soit, mais de se poser les questions qui s’imposent ? Un jour alors qu’il sautait en parapente, son parachute ne s’ouvrit pas comme il fallait et la chute fatale était inévitable. Il n’allait plus pouvoir défendre les gens, il n’allait plus pouvoir prendre soin de sa femme et de ses deux enfants en bas âge.

L’appel de Dieu est trop précieux pour que je mette ma vie en danger simplement parce que je suis libre. Un père de famille doit réfléchir deux fois avant de mettre sa vie à risque par simple désir de liberté ou d’adrénaline. S’il meurt avant son temps, c’est toute une famille qui est délaissée dans la misère.

Troisièmement ? Son édification

Est-ce que ce que je veux faire édifie ? M’édifie moi-même, édifie ceux qui sont autour de moi ? Edifie ceux qui me voient faire ce que je « veux » ? Certes toute est permis, mais la conscience veut aussi que ce qui se fait soit édifiant.

1 Corinthiens 10:31
31 Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez, soit que vous fassiez quelque autre chose, faites tout pour la gloire de Dieu.

Est-ce que cela édifie ceux et celles qui sont dans ma zone d’influence ? Est-ce que par les actes que je fais, j’apporte quelque chose de bon à l’édifice ou est-ce suis-je en train de détruire ce que d’autres ont entrepris ? A la question pourquoi il ne se convertissait pas au christianisme, Gandhi répondit : « je deviendrai chrétien le jour où j’en rencontrerai un ». Pourtant il était entouré de chrétiens. Certes beaucoup l’étaient seulement de nom, mais se pourrait-il qu’il n’en avait jamais rencontrés de vrais ? Ou serait-ce que ceux qui avaient croisé sa route étaient plutôt occupés à suivre le « tout m’est permis » sans se soucier si cela édifierait les autres ?

Oui tout m’est permis, et j’en remercie le Seigneur. Cependant, mon statut d’enfant de Dieu m’impose des restrictions. Dans ces trois passages, l’apôtre Paul les énumère simplement : ma liberté ne doit pas entraver ma propre liberté, elle doit s’avérer utile et édifier ceux qui font partie de ma zone d’influence.

Un célèbre serviteur de Dieu, aux Etats-Unis, raconte un événement de sa vie. Il était ami avec un autre serviteur de Dieu célèbre en Afrique du Sud. Tous deux étaient de grands amateurs de boxe. Or, il devait y avoir un grand combat aux Etats-Unis et il promit à son ami que s’il regardait le match à la télévision, lui-même s’arrangerait pour se trouver tout près du ring et le saluer. C’est ce qu’il fit. Il prit ses dispositions pour se placer juste dans la première rangée devant le ring. Rien de mal à cela, il est libre. Tout lui est permis. Alors que la partie commence, deux personnes se placent à ses côtés : une à sa gauche, l’autre à sa droite. Le voilà en train de regarder le match quand les deux hommes mettent une enveloppe dans chacune de ses poches : celui de gauche dans sa poche gauche, celui de droite dans sa poche droite. Il s’en aperçoit, mais ne fait rien. En fait il tremble. Il se rend compte qu’il est assis entre deux parieurs mafieux – celui qui gagne prendrait les deux enveloppes. Et voilà que ce serviteur de Dieu, libre comme il est, passionné de boxe, sachant que son ami en Afrique du Sud le voit à la TV devant le ring – et avec lui d’autres chrétiens, se trouve dans une situation compromettante. Quand le match fut terminé et que les deux hommes sont partis avec leur argent, le serviteur de Dieu rentra chez lui confus et repentant. Il avait compris qu’en agissant de telle manière – oui il était libre, oui tout était permis – mais qu’en agissant ainsi, sans le vouloir, en se retrouvant au milieu de deux mafieux, il avait donné une image de lui – et peut-être de beaucoup de chrétiens – qui au lieu d’édifier le corps de Christ aurait pu lui porter préjudice.

1 Thessaloniciens 5:22
abstenez-vous de toute espèce de mal.

Chacun chrétien doit se placer devant ses propres responsabilités et devrait penser à l’impact sur sa propre vie et sur celles des autres que pourraient avoir certaines libertés qu’il prend. Travaillons à faire resplendir la gloire de Dieu dans nos vies. Certes, il ne s’agit pas ici de juger ou de critiquer qui que ce soit, mais de se demander si l’on utilise sa propre liberté pour édifier ou pour détruire, pour l’utilité commune (atmosphère dans laquelle les dons du Saint-Esprit sont distribués) ou pour la satisfaction personnelle, pour l’édification commune (encore l’une des atmosphères favorites dans laquelle se meuvent les dons de l’Esprit) ou pour la destruction ?

Donato Anzalone

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